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Marion: La lutte contre le mariage homosexuel ou contre la GPA ou la PMA est aussi un combat identitaire

 

Lu sur Boulevard Voltaire :

Marion-Marechal-Le-Pen

On a le sentiment ces derniers jours que Marine Le Pen se « droitise ». On l’a vu lors de L’émission politique, où elle a parlé de l’école libre par exemple. Est-ce une petite victoire de la ligne Marion Maréchal ?

Je ne crois pas qu’il faille l’analyser ainsi. Cela a été surtout une possibilité pour Marine Le Pen de clarifier ses positions. C’est une émission de deux heures et demie, on a pu aller au fond des choses et éviter les caricatures – il y en a beaucoup, souvent construites par nos adversaires de droite…

Cette alliance entre la France périphérique et la France conservatrice, dites-vous, est la condition nécessaire à votre victoire, ou en tous cas à la victoire de la droite au sens fort du terme : est—ce que l’opposition n’est pas, finalement, artificielle ? Est-ce que la France périphérique, habitée par une inquiétude identitaire, n’est pas aussi conservatrice ?

Il y a des aspirations communes mêlées. Mais on constate une rupture, surtout sociologique, entre la droite conservatrice, dite bourgeoise – pas dans le mauvais sens du terme – dont les enfants sortent plutôt de grandes écoles, et cette France déclassée, des classes moyennes en difficulté, voire des classes populaires.

Les préoccupations du quotidien ne sont pas les mêmes, mais il y a en effet une aspiration identitaire des deux côtés : la question immigration ou sécurité, la plus prégnante chez les classes populaires, est évidemment identitaire – on refuse la disparition de la culture française au profit d’une culture étrangère – mais la question de la lutte contre le mariage homosexuel ou contre la GPA ou la PMA est aussi un combat identitaire, puisque l’identité de la France, c’est aussi l’idée que l’on se fait de la dignité humaine, du respect de l’enfant, de sa filiation, de son enracinement.

Ces deux classes sociologiques se retrouvent dans ce grand combat, qui est cohérent.

Elles peinent néanmoins à se reconnaître !

Oui et non. Les dernières élections ont révélé que les lignes avaient bougé. Les analyses du vote catholique en France montrent que nous étions, aux régionales, le premier parti dans cette tranche de population, alors qu’elle était l’une de celle qui nous résistait le plus.

Les catholiques en France sont en train de se politiser La Manif Pour Tous est une génération très politique. Pendant très longtemps, chez les catholiques de France, notamment traditionalistes, l’idée de la pureté a dominé : on défendait les idées de façon totalement pure, sans aucun stratagème politique quand bien même l’efficacité ne serait pas au rendez-vous : on était bien avec son âme et avec sa conscience, ça suffisait.

Je crois que la génération de la Manif pour tous n’est pas du tout dans cette optique-là, elle a compris qu’il fallait en politique s’adapter à l’environnement, utiliser ses codes et à ce titre être plus efficace.

S’adapter ce n’est pas renoncer, leur capacité d’adaptation et de pénétration du paysage politique français portera ses fruits. Il porte déjà ses fruits.

Quand Marine Le Pen ou Florian Philippot disent « oui, nous reviendrons sur le Mariage pour tous mais ce n’est pas une priorité, ce n’est pas essentiel » on se dit, un peu sceptique, comment parviendra-t-on à revenir sur une telle loi, avec la forte opposition que ça génèrera, si on n’a pas la conviction que c’est essentiel ?

Je ne crois pas. il y a aujourd’hui 144 engagements dans le programme de Marine Le Pen, et il y a parmi eux l’abrogation de la loi Taubira, le refus de la généralisation de la PMA aux couples homosexuels femmes et le refus de la gestation pour autrui pour les couples homosexuels. C’est dit clairement.

Mais Marine Le Pen dit une chose dont il faut accepter la réalité : pour une grande partie des Français – et on peut peut-être le déplorer – l’abrogation de la loi Taubira n’est pas une priorité. Pour eux, la priorité est de savoir si leurs enfants ne vont pas être agressés à la sortie de l’école, de savoir s’ils vont apprendre à lire correctement, s’ils vont boucler leurs fins de mois et pouvoir payer leur loyer.

Donc tout en conservant cet engagement sur lequel elle n’a jamais failli – et elle a été la seule ! d’où d’ailleurs l’injustice de ce procès – elle n’a pas voulu en faire un cheval de bataille ultra prioritaire et un étendard, parce qu’elle veut coller aux attentes des Français qui portent principalement sur l’éducation, le pouvoir d’achat ; les salaires et l’identité, sur le plan migratoire et sécuritaire. 

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2017-02-25