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« Le mensonge, la dissimulation et le refus des faits sont, chez l’intellectuel français, comme une seconde nature »

 

Lu sur le Figaro Vox :

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Marc Crapez : « Le chantage au danger réactionnaire paralyse les perspectives de rénovation »

Embrassant deux siècles de l’histoire des débats politiques en France, Marc Crapez explique l’origine des clivages contemporains. La gauche s’arroge le beau rôle et sape par la diabolisation tout travail de refonte idéologique à droite.

Marc Crapez est chercheur en science politique associé à Sophiapol (Paris-X). Il est l’auteur des Antagonismes Français(éd. du Cerf – 2017).

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Vous écrivez que depuis la fin du XIXe siècle en France, l’immobilisme est paradoxalement le grand vainqueur des affrontements idéologiques qui divisent le pays? Pourquoi?

Parce que les routines se parent du drapeau du changement. Et que le chantage au danger réactionnaire paralyse les perspectives de rénovation. Le renforcement du pouvoir exécutif qui caractérise la Ve République a été différé de plusieurs décennies à cause du spectre du coup d’État de Napoléon III. Semblablement, nous sommes aujourd’hui en faillite parce que le spectre du FN dissuade, depuis 40 ans, d’affronter les ponctions que le fonctionnarisme et l’immigrationisme font peser sur les finances publiques.

Ces antagonismes français sont-ils liés à l’héritage de la Révolution et en particulier de la Terreur?

Plane effectivement chez nous le spectre d’une guerre civile froide. L’idée de retrancher du corps social des factions qui seraient indignes d’en faire partie. Dans l’entre-deux-guerres, notre pays a connu une éclipse quasi totale de la pensée libérale, conservatrice ou sociale-démocrate, au profit des idéologies totalitaires. Cette puissance d’attraction du communisme et du fascisme a promu des habitudes de malhonnêtetés intellectuelles graves. Le mensonge, la dissimulation et le refus des faits sont, chez l’intellectuel français, comme une seconde nature.

Dans le débat actuel sur la moralisation de la vie publique, n’y-at-il pas justement un parfum de Terreur?

Je dirais plutôt de pureté. Mais l’un dans l’autre, je pense qu’en France les élites sont en roue libre, avec un système de connivence, d’opacité et d’hypocrisie. De Mitterrand à Macron, en passant par DSK, les élites se délectent des questions d’alcôve, mais clouent le bec au bon peuple en lui disant «qu’on s’en fout!».

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Par Alexandre Devecchio

2017-06-11