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« La droite a d’urgence besoin de retrouver une colonne vertébrale idéologique »

 

lu sur le Figaro Vox :

ormesson macron

- Après la défaite lors de l’élection présidentielle et la recomposition enclenchée par Macron, comment la droite peut-elle se reconstruire? Frédéric Saint Clair l’appelle à repenser et réinvestir ses fondements théoriques afin de résister.

Frédéric Saint Clair est analyste en stratégie et en communication politique. Ancien chargé de mission auprès du Premier ministre Dominique de Villepin, il a publié l’essai La refondation de la droite (éd. Salvator, 2016).

Frédéric SAINT-CLAIR.- …la droite est déboussolée. Elle a évidemment mal vécu l’épisode présidentiel, mais surtout elle se repose sur ses acquis sans les remettre en question depuis trop longtemps. Elle doit réapprendre à répondre à la question: «Que signifie être de droite aujourd’hui» … Il ne suffit pas de créer des catalogues de mesures techniques et séduisantes. Encore faut-il être capable de les mettre en perspective, dans le cadre d’une vision politique claire.

Une action politique efficace suppose au préalable une pensée politique cohérente. Il y a aujourd’hui un défaut de pensée politique à droite. La droite a d’urgence besoin de retrouver une colonne vertébrale idéologique, c’est-à-dire théorique.

En dehors des affaires, doit-on attribuer la défaite de François Fillon à Sens commun, comme certains l’ont dit, ou bien est-ce au contraire ce soutien qu’il lui a permis de tenir?

François Fillon a commis deux erreurs: la première a été de ne pas assumer son conservatisme, et donc de ne pas chercher à le développer. Il niait l’évidence et persistait à se définir comme «progressiste», ce qui était absurde. La deuxième erreur a été de limiter son approche conservatrice aux questions sociétales, alors que le conservatisme est bien plus vaste politiquement. C’est pourquoi sa position a pu être réduite à celle de Sens commun

La vérité, c’est que son équipe a été incapable de tracer les contours d’une politique conservatrice équilibrée et adaptée au pays. Or, le vrai défi aujourd’hui pour la France, et peut-être même pour l’Occident, est la redéfinition d’une politique conservatrice. La tradition conservatrice est si inconnue en France que la plupart des commentateurs la confondent avec la tradition réactionnaire. Or les deux n’ont, pour ainsi dire, rien en commun.

L’analyse des enjeux de cette élection présidentielle a été opérée très souvent sous l’angle Souverainistes contre Mondialistes. Il s’agit là d’une vision réductrice. La vraie fracture est celle qui sépare les conservateurs et les progressistes, car la pensée conservatrice inclut, en plus des éléments souverainistes, les questions technologiques, environnementales et culturelles.

On trouve de surcroît dans la tradition conservatrice, notamment chez Disraeli, les éléments pour un contrepoids au libéralisme économique, ce dont le souverainisme est incapable.

Un conservatisme refondé est l’avenir de la droite française. François Fillon est complètement passé à côté. Et Sens commun n’y est pour rien

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Par Eugénie Bastié

2017-06-11