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Finkielkraut, Onfray, mais aussi Zemmour et Bellamy, refusent l’intimidation de la gauche « morale » …

Merci aux intellectuels qui n’ont pas peur d’étudier la réalité de la dégradation de notre société et de nous faire part de leurs analyses, malgré le risque d’être trainé dans la boue médiatique, phénomène que nous connaissons bien, nous les soutiens à La Manif pour tous ! …

 

Lu dans le Figaro Vox :

« Une interview de Michel Onfray dans Le Figaro a relancé en Une de Libération et du Monde le débat sur le rôle des intellectuels et la place grandissante qu’ils prennent dans la vie publique française.

par Vincent Tremolet de Villers

Michel Onfray a répondu aux questions d’Alexandre Devecchio le 11 septembre dernier dans les pages Débats du Figaro. Quatre jours plus tard, le quotidien Libération reprenait la quasi-totalité de ce texte pour en faire l’exégèse (et sept jours plus tard Le Monde en faisait de même). C’est le directeur de la rédaction, Laurent Joffrin, qui a planché, avec comme sujet de dissertation: Comment un philosophe, à force de dire ce qu’il pense, fait le jeu du Front national.

L‘aspect anecdotique de cette histoire (une sorte de mise en abyme d’une interview du Figaro ou les pages Débats comme matière première du débat) ne doit pas cacher une interrogation plus large et de plus en plus obsédante: comment peut-il y avoir une vie intellectuelle si la seule question qui la structure se résume ainsi: faire ou non le jeu du Front national? «Il serait tout à fait faux d’attendre que la réforme générale vienne seulement de la politique», déclarait Vaclav Havel lors de son premier discours présidentiel. On pourrait ajouter qu’il est stérilisant de réduire la vie de l’esprit au manichéisme à front de taureau de la compétition électorale.

Le Front national et son antonyme, l’antiracisme mécanique, sont depuis des années le point d’appui providentiel de la gauche morale et le paravent d’une très grande paresse intellectuelle. L’indignation fait office de réflexion, la disqualification d’argument, la dénonciationde conversation.

C’est pour combattre le Front national qu’en 2002, après le deuxième tour opposant Chirac et Le Pen, Michel Onfray a lancé l’Université populaire de Caen. «Il n’était pas questionpour moi d’aller crier “le fascisme ne passera pas” en compagnie du patronat et de l’Évêché, confiait-il au moisde mai au Figaro. Je souhaitais donc créer une structure qui travaille à “rendre la raison populaire” pour utiliser les mots de Diderot.» Depuis, le philosophe assiste avec tristesse à l’abandon d’une France silencieuse. «Le peuple, notre peuple, mon peuple», dit-il, pour signifier que la gauche dont il vient l’a abandonné.

La vérité est que Finkielkraut, Onfray mais aussi Zemmour et son Suicide français, Polony et son hymne aux provinces oubliées, Guilluy et sa France périphérique, Bellamy et ses Déshérités, Houellebecq même, deviennent les réceptacles des angoisses et des espérances d’une partie de la population. Des gens qui ne croient pas plus en Le Pen qu’en Hollande, Sarkozy ou Jean-Vincent Placé.

«Ces écrivains et ces essayistes se rapprochent du peuple réel à mesure que le Parti socialiste s’en éloigne», explique Jacques Julliard. On les invite comme des politiques à la télévision où l’on attend embardées et formules chocs. Ils ne ne sont pas pour autant devenus de droite. «Mon parti n’existe pas», confie Finkielkraut. Ils pourraient le dire avec lui. «Ce qu’ils reprochent à la gauche,- poursuit Julliard c‘est de s’inventer de nouveaux prolétariats au détriment du prolétariat réel».

lire l’article complet dans le Figaro Vox

2015-09-21

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